Une chronique parisienne

À 16h j’arrive à la majestueuse Gare de Lyon. Le temps est frais mais il y a du soleil. Je prends un taxi qui me dépose vingt minutes plus tard à l’hôtel. La réceptionniste ne trouve pas ma réservation. Ça tombe mal. Elle cherche et recherche. Elle m’énerve. Par moments elle tremble. Finalement mon nom apparaît sur l’écran. Elle l’écrivait mal. Elle s’excuse. Quel soulagement ! Je me voyais au milieu de la rue.

Ma chambre, située au premier étage, est petite, agréable. J’adore le papier peint brodé de roses. Elle donne sur une cour blanche, carrée, impeccable. Calme, garanti. Une heure après, je sors. Je prends un taxi direction la Madeleine. Je suis heureuse. Paris me rend toujours heureuse. Il me dépose en face.

Voilà, madame, je vous laisse à la porte —me dit le chauffeur.

—Merci. Je vous dois combien ?

Huit euros.

Je les cherche dans mon porte-monnaie et j’entends…

Madame, je peux vous poser une question ?

—Bien sûr !

Vous entrez ?

—Où ?

A l’église?

—Non, pourquoi ?

Parce que je voulais vous demander de prier pour moi.

J’esquisse un petit sourire. Je ne lui dis pas mais j’ai l’intention d’aller prier en face, chez Ladurée, dans une table de n’importe quel salon. J’ai hâte d’être entourée d’un beau décor et de parisiens. Écouter leurs conversations, la vie qu’ils mènent, leurs chagrins, leurs bonheurs.

Un chocolat chaud et des macarons à la rose me réconfortent. Le temps s’écoule, lentement. Deux dames, habillées d’une petite robe noire, dévorent un mille-feuille praliné. Elles boivent du thé. Entre gorgée et gorgée, elles se confessent. Elles chuchotent des secrets inconfessables, comme deux gamines. Je regarde par la fenêtre, dehors tout le monde est pressé. Dedans, une sorte de bonheur nous entoure, nous sommes heureux, sans malice.